01 octobre 2014

Jessie, 23 ans, 3 mamans.

 

Tu t'appelles Jessie, tu as 23 ans et tu as 3 mamans. Il paraît que pour certains, ce n'est pas possible. Mais toi, tu peux nous dire que si.

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Tu es née le 6 mars 1991 à St-Nazaire. Tu qualifies ton enfance de « très banale » : école, goûter, devoirs, dîner, une histoire et hop au lit. Petite, tu ne te rendais pas compte de cette particularité. Trois mamans, ça peut sembler beaucoup (beaucoup trop ?) Trois femmes qui t'ont élevée, ensemble, et six épaules pour te reposer plutôt que quatre : « pourquoi ça serait trop ? »

Tu me les as présentées.

Non, il n'y a pas de maman 1, maman 2, maman 3 ou de maman 45.

Ta mère biologique, c'est Maman. En 1990, elle est tombée amoureuse d'un monsieur et la magie de l'amour a fait qu'après 9 mois tu étais là. Ils se sont séparés pendant la grossesse. Il est parti et tu n'as eu que quelques contacts avec lui. Comme « un étranger dans le coin de (ta) tête .»

Avant sa relation avec ton père, ta maman vivait une histoire passionnelle avec une autre femme. Elles se retrouvent après ta naissance et tu rencontres Tata. Elle t'adopte en adoption simple et est aussi ta marraine. Vous vivez ensemble pendant les trois premières années de ta vie puis elles se séparent.

Arrive alors Odile, l'actuelle compagne de ta mère biologique, qui t'élève au même titre que les deux autres depuis tes 3 ans.

Ca semble alambiqué ? Peut-être, oui. Un peu comme si tu disais : « le nouveau mec de ma mère toussa toussa... ».

Tu te rends compte aujourd'hui qu'enfant, tu ne faisais pas attention à l'amour que Maman et Tata, puis ensuite Maman et Odile, se portaient entre elles. Parce que tu ne connaissais pas, tu ne « pensais pas cela possible ». Ce que tu savais et ressentais par contre, c'était l'amour que ces trois femmes t'offraient chacune à leur manière. Un amour différent, mais complémentaire.

Maman, c'est celle qui fait attention, qui prend garde à ce qu'il n'y ait pas trop d'écarts. C'est l'autorité bienveillante, celle qui a souvent le dernier mot aussi.

Tata, la mère douce et complice. Toujours aux petits soins et la moins objective de toutes si tu commences à lui faire les beaux yeux.

Odile, c'est encore différent. C'est une femme très forte. Avec elle, le maître mot est « respect ».

Chacune avec leurs valeurs et leur sensibilité, elles t'ont apporté de quoi te construire pièce par pièce pendant ton enfance. Une enfance heureuse, à l'abri des disputes.

En grandissant, tu as commencé à décortiquer ton environnement familial. Ce que, plus petite, tu ne distinguais pas parce que tu pensais une telle situation impossible, t'a paru de plus en plus crédible : Tes mamans, tu crois qu'elles sont amoureuses ?

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C'est à l'âge de 10 ans que tu as demandé à Tata si Maman et Odile étaient homosexuelles (Tu ne te souviens plus comment tu as appris et compris ce mot. En tout cas tu ne crois pas avoir été victime de moqueries à l'école qui auraient pu te mettre la puce à l'oreille.)

Quand tu lui as posé la question, elle avait l'air gênée et t'a dit qu'il fallait que vous en parliez avec ta mère (biologique).

Alors le lendemain, dans la voiture, tu as reposé la question. Et c'est là qu'elle t'a répondu « oui ». Un « oui » sans fioriture, un peu timide. Et c'est tout ? « Oui »? Rien d'autre à ajouter ? « Oui. » Tu n'as pas ouvert la bouche jusqu'à la maison. Comme sonnée.

Tu n'avais rien vu, pourquoi ne t'avaient-elles rien dit ? Est-ce qu'elles trouvaient ça tellement logique que ta question les a surprises ? Pensaient-elles que tu savais ? Voulaient-elles que tu ne le saches jamais ?

À ce moment-là, tu leur en as voulu. A toutes les trois. Tu t'es isolée quelques jours et tu as demandé à voir ce père absent depuis ta naissance. Tu avais l'impression qu'il pourrait te donner des réponses et qu'avec son discours tout deviendrait limpide. Ta mère biologique a fait son possible et tu as pu le voir de temps à autre. Mais il restait un inconnu pour toi, un fantôme.

 

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Puis tu es entrée au collège, cette période très ingrate de la vie. Et comme beaucoup tu te sentais seule et incomprise. Tu écoutais les cris du coeur de certains de tes camarades dont les parents divorçaient, les haines pour un beau-père ou une belle-mère. Et quand venait le tour de te confier sur tes parents, rien ne sortait. Tu as caché l'homosexualité de tes mamans à tes amis, tu avais très peur de leurs réactions. Le secret de tes mamans était devenu le tien.

Cependant tu n'avais pas spécialement peur pour toi, tu avais surtout peur pour elles. Tu ne voulais surtout pas qu'on se moque d'elles. Tu les as protégées pendant quelques années.

Tes mamans essayaient de t'expliquer que tu ne devais pas porter ce poids sur tes épaules, que ce combat était le leur, que toi il te fallait vivre pleinement ta jeunesse sans te soucier d'autrui : « parles-en, nous on est forte, on assume très bien .»

Tu as alors réussi à passer outre et à te confier. Aujourd'hui tu regrettes parfois tes silences. Tu regrettes aussi qu'elles te l'aient révélé si tard. Ou plutôt que ce soit toi qui aies dû aller chercher la vérité. Mais y-a t-il une meilleure manière de faire qu'une autre ? Tu ne sais pas. Elles ont été rassurantes, t'ont ré-ouvert les yeux, t'ont appris le respect, le partage et la tolérance.

 

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A l'adolescence, tu n'as jamais eu peur de tes sentiments. Tu es hétérosexuelle, tu ne t'interdis pas de tomber amoureuse d'une fille un jour, tu les as d'ailleurs parfois regardées. Pour toi, l'amour sera toujours une liberté.

Tu as alors décidé de ne plus rien cacher. Ta vie est ainsi, et "elle est jolie". Les seules choses qui bloquaient ton bonheur c'était les autres et de ne pas avoir tout de suite assumé ce fait : Tu as trois mamans. Trois mamans qui te soutiennent dans tes choix, pour tes études ou pour tes relations, qui sont là quand ça va pas et chez qui tu peux te reposer.

Ces deux dernières années, avec la manif pour tous dans tous les médias, Tu as eu l'impression qu'on voulait interdire les gens comme toi d'exister et d'être heureux avec leur famille. Mais vous existez déjà, et vous êtes aimés. Parce que, concernant ce qui serait bon ou mauvais pour ton développement personnel, il n'y a que trois personnes qui peuvent te le dire et en qui tu auras toujours confiance :

 

Maman, Tata, Odile.

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21 septembre 2014

Les phrases qui tuent.

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20 septembre 2014

Il n'y a qu'un pas.

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15 septembre 2014

Juste amis ?

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14 septembre 2014

Monsieur Bulle

 

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Et aussi tu peux voter pour moi (si tu veux!) pour les Golden Blog Awards (rectangle noir à droite). Bisous !

 

 

 

 

12 septembre 2014

Douche Chaude

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Un reportage sur le cerveau et l'inconscient explique que si nos douches sont chaudes, c'est qu'on a très envie de câlins (en gros). J'ai trouvé ça joli.

Pour voir le documentaire sur l'inconscient :

Clique ici !

 

 

Texte de Maëlle :

 

Douche Chaude

      Collé contre la paroi glaciale de ma douche, j'allume l'eau et attends qu'elle devienne chaude pour que je puisse me glisser sous la cascade de gouttelettes et ouvrir les yeux pour la première fois de la journée. C'est mon rituel, celui que je fais chaque matin. Pour certain c'est grappiller des minutes après que leur réveil ait sonné, pour d'autres c'est programmer la machine à café et se réveiller avec l'odeur d'un bon café, pour moi c'est ouvrir les yeux sous un jet d'eau brûlante. Sauf qu'aujourd'hui, je n'ai aucune envie d'ouvrir les yeux, ma journée ne s'annonçant pas comme l'une des plus agréables… J'avais plusieurs rendez-vous pour essayer de trouver un emploi ou au moins un stage (ce qui m'éviterait de rester à tourner en rond dans mon micro studio à regarder des séries en pestant sur le monde entier). Dans le fond, ce n'était pas une si mauvaise journée vu que j'avais déjà réussi à obtenir plusieurs entretiens et que pour une fois il ne pleuvait pas, seul le vent habituel rafraîchissait l'air. Mais j'avais le pressentiment qu'aucun d'entre eux ne me permettrait d'obtenir ce que je cherchais, c'est à dire un boulot. En plus j'avais un repas prévu avec mon paternel dans la soirée. Mon paternel avec lequel je n'avais pas parlé depuis l'été de mes seize ans (et je peux vous garantir que lorsqu'on en a vingt et un, cinq ans sans avoir de nouvelles de quelqu'un c'est très long). Ce repas allait donc être le bouquet final d'une longue journée que je sentais mal commencée, surtout que je n'avais véritablement aucune envie de revoir mon géniteur vu notre incroyable capacité à ne pas nous entendre. Il m'arrive parfois de me demander comment la génétique a pu faire que mon père et moi soyons à ce point opposés, sans aucun point commun que ce soit physique ou caractériel, presque à se demander si je suis réellement son fils.

Je pensais exactement à cela quand mon téléphone choisit ce moment précis pour briser le silence matinal et m’empêcha de m'embourber un peu plus dans mes inquiétudes.

 

Je regarde la porte de la salle de bain que j'avais laissé grande ouverte pour entendre la radio et éviter que ma micro salle de bain ne se transforme en reproduction de la forêt amazonienne après mon passage, puis je regarde le pommeau de douche. Qui pouvait bien m'appeler alors qu'il était à peine sept heures du matin, un samedi matin de surcroît. J'hésite à sortir de la douche pour répondre mais le froid qui règne dans l’appartement par rapport à la chaleur qui suinte dans la douche me retient. Au pire, si c'est important je rappellerai plus tard, prétextant un sommeil profond me mis-je à penser. Soudain la messagerie vocale se met en marche et j'entends le bip qui signal le lancement de l'enregistrement : « Salut mon Tom » lance la voix à travers le crachouillis de l'enregistrement. Je rouvre les yeux et commence à regretter de ne pas avoir répondu. C'est Timothy, mon petit ami du moment qui m'appelle… En fait c'est peut-être pas plus mal que je ne me sois pas décidé à décrocher car, après réflexion cela fait plus d'une semaine que je ne lui ai donné strictement aucune nouvelle. Un autre de mes rituels : régulièrement je ressens le besoin impérieux de couper tout contact avec ma vie sociale, et mes relations amoureuses (ou juste sexuelles) en font souvent les frais. Je m'attends donc à entendre une énième version du « tu vois, nous deux c'était bien, mais en ce moment ça va plus donc je pense qu'on devrait en rester là » quand il enchaîne sur un tout autre sujet, ce qui me surprend et me fais regretter d'autant plus de ne pas avoir répondu.

 

« Tu dois sûrement être sous ta douche, et comme d'hab tu as la flemme de sortir car t'es trop bien sous l'eau chaude. Et je te comprends. Je voulais juste te dire bon courage pour tes rendez-vous aujourd'hui et de ne pas trop te miner pour ton repas avec ton paternel. Ah et au passage, même si tu es dans ta période « asociale », tu pourrai me dire comment ça c'est passé ? Juste pour savoir s'il faut que je fasse le tour de tous les hostos de la ville pour te retrouver agonisant dans un lit après que ton père t'a défoncé sous prétexte que tu ais fait ton coming-out. Car tu comptes bien lui dire, un jour, que non, tu ne lui présenteras jamais aucune fille ? Non ? Bon, enfin bref si tu me réponds avant 9h, je pourrai peut-être m'arranger pour te faire une surprise. T'as les cartes en main. Je t'aime. A plus » et le bip final qui annonce qu'il a raccroché. Je prends une profonde inspiration (remarquant que j'avais retenu mon souffle durant tout son message) et me laisse glisser le long de la paroi jusqu’à m'asseoir. Un sourire niais se fige sur mes lèvres, et je pense à Timy courant tous les hôpitaux pour me retrouver. Même si cette possibilité n'est pas très réjouissante, en particulier pour moi, la façon dont il envisage les choses me fait sourire. Et puis c'est le premier qui ne m'en veut pas d'être aussi atypique et qui ne me plaque pas sous prétexte que j'ai disparu des radars pendant plus de vingt-quatre heures. Mais ce qui m'intrigue le plus dans son message c'est sa « surprise »…

 

Ne l'ayant pas vu depuis maintenant plus d'une semaine, j'interprète tout de suite cette « surprise » comme un possible rendez-vous où l'on pourrait finir sous la couette, enfin plutôt sous la douche. A peine ai-je commencé à penser à cette option que mon esprit s'emballe. Je l'imagine, avec moi, sous l'eau chaude, ses mains solidement ancrées sur mon visage pour capturer mes lèvres avant qu'elles n'aillent se balader le long de mon dos pour trouver mes hanches. Je rouvre les yeux et me relève immédiatement, tout en tournant le régulateur d'eau vers le froid. J'ai un premier rendez-vous dans environ deux heures et ce n'est pas le moment de partir dans des fantasmes alambiqués. Je me dépêche de finir de prendre ma douche et de me préparer. Très vite je ne me préoccupe plus que de la couleur de ma chemise et du contenu de mon CV, oubliant volontairement tout ce qui aurait pu se passer sous la douche s'il avait été avec moi ce matin. J'arrive avec un peu d'avance à mon rendez-vous, qui est prévu à 9h15. Il est 9h01, quand je sors mon portable pour lui écrire, le plus innocemment possible « Même s'il est 9h01, j'ai le droit à ma « surprise » ? ». Les minutes passent sans qu'il le réponde et c'est donc parfaitement surexcité que je serre la main de mon premier entretien. Au moins il aura réussi à me mettre de meilleure humeur…

Et mon téléphone, maintenant en mode silencieux, indiquait dans ma poche que j'avais reçu un message. De lui.

« Je sais pas… Une minute de retard quand même c'est énorme quand on s'est pas vu depuis une semaine… Tu verras bien quand tu rentreras chez toi ce soir s'il y a ta « surprise » qui t'attend. »

 

 

 

 

 

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11 septembre 2014

MR Q WANTS YOU !

Salut toi !

Voilà, le compte à rebours a commencé ! J'ai besoin de vous pour ma participation aux Golden Blog Awards.

Mr Q s'incruste dans la catégorie "Bande Déssinée" et espère bien aller loin !

Pour me soutenir c'est simple, il te suffit de cliquer sur le gros bloc noir là à droite >>>>>>>>> (tu le vois ?)

Tu peux donner ta voix TOUS LES JOURS si tu le souhaites et c'est ceux qui auront remportés le plus de votes des internautes qui seront ensuite soumis à un jury de pros. (Le stress quoi !)

Bref j'ai besoin de vous.

Ca fait un an que je vous partage mes petites histoires plus ou moins drôles. Les petits témoignages d'un jeune diplômé homo en galère, les joies et les angoisses du quart de vie, les amis, les jobs un peu nuls.. et l'amour ! Ahhh oui l'amour. Ce gros truc un peu compliqué mais qui nous fait faire la vie. 

Alors si je t'ai fait rire ou si je t'ai fait pleurer desfois, bah je te remercie de voter pour moi. Pour que mon petit bout de chemin aille encore plus loin (où?? On en sait rien ! Mais c'est ça qui est cool et excitant).

 

Parle de moi, partage moi, aime moi, deteste moi (comme Giulietta).

Moi dans tous les cas je suis content, parcequ'à chacun de vos messages, commentaires (même si je réponds pas à tous) bah il y a un ptit boumboum dans mon p'tit coeur qui me dit que je ne fais pas ça pour rien. J'ai déjà gagné beaucoup de choses. Merci.

 

Capture d’écran 2014-09-10 à 18

Posté par Mr-Q à 14:11 - Commentaires [11] - Permalien [#]
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