19 septembre 2015

Rattrape-moi

 

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25 août 2015

Par le Bout du Cœur

 

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18 août 2015

Je suis homo, je veux que les gens s'en foutent (2).

 

Salut Pierre,

Faut que je te parle là, c'est urgent. Il faut que je réagisse à ta tribune sur LePlus : Elle est là

 

Parce que tu vois tout ce que tu as dis ça m'a pris aux trippes, tu m'as complètement retourné. En fait tu as carrément mis le dernier coup de couteau d'une journée un peu de merde. (Ah oui désolé, je peux avoir un langage un peu grossier et faire plein de fautes d'ortographes quand je suis énervé, tu me pardonneras ça j'espère.)

Il parait que t'aime pas le marais, ni les minis-slips, ni la gay pride.

Grand bien t'en fasse, tu fais ce que tu veux de ta vie. Si t'es bien dans tes pompes et que même ton super poto Mathias il te cherche pas des noises sur ta sexualité franchement c'est super cool. (Surtout que bon, il vient de la province Mathias hein, alors c'était pas gagné, t'as raison il sont un peu bobofs la bas et comme ils ont pas internet ils regardent tous que TF1).

Nan sérieusement, c'est ton choix et j'ai pas à revenir dessus. Sache qu'on te demandera jamais de te mettre une plume dans le cul si t'as pas envie (promis, juré craché !)

Seulement voilà, t'as l'air de dire que ta façon de vivre est la meilleure qui soit (pour un homo). Que c'est celle qui va nous mener à l'égalité et à la tolérance parce que les gens ils ont étés gentils avec toi (meme Mathias !). Tu es le BON HOMO (et pas le bonobo) !

Tu dis toi même que ce qui est fou c'est qu'on ne te prend même pas pour un homo !  Les gens sont supris de l'apprendre parce que dans leurs petites caboches c'etait impensable que tu sois gay. Tu ressembles trop à l'hétéro (grraou).

 

Alors en fait, dis moi, c'est ça que tu veux ? Tu veux qu'on soit tous ce qui finalement arrangerait bien tout le monde ? Se faire passer pour des hommes blancs hétérosexuels cis-genre ? 

Mais enfin, Pierre, (et je ne te jette pas la pierre), tu te rends bien compte que c'est impossible ?

Je te félicite de rentrer dans le rang, vraiment. Honnêtement parfois moi-même ça m'arrangerait bien.

 

Mais tu vois je ne suis pas comme toi. Moi, je crois que mon orientation sexuelle elle se devine un peu. C'est peut-être mes cheveux bleus (quel abruti aussi, je tend le baton pour me faire battre).

Je crois que ça se voit un peu parce que parfois il y a des gens qui m'embêtent dans la rue. (Et j'utilise le verbe "embêter" parce que j'ai peur que tu me dises que je suis un hystérique si j'utilise "harceler").

Moi j'arrive pas à passer pour un homme hétéro. C'est grave doc ? Je fais comment alors ? Je dessers ma cause ? Je donne une mauvaise image ? T'as honte de moi Pierre ?

 

Merde, j'suis désolé.

 

Personne ne t'a demandé de te reconnaître dans (je te cite) la "folle dévergondée". Mais tu n'es certainement pas un meilleur représentant des homosexuel(le)s que celle-ci.

Là est tout le problème. Ta follophobie t'empêche de réaliser la diversité du monde, des sexualités, des genres. Et la gay-pride (en fait la marche des fiertées LGBT) c'est ça, c'est montrer cette diversité, que c'est possible et que PERSONNE ne doit avoir HONTE ! PERSONNE ne doit se CACHER ! D'ailleurs, si un jour tu t'y rends, tu risque d'être surpris de voir tous ces gens différents mais réunis pour la même cause.

Oui, tu trouveras des "folles", mais aussi des "gays qu'on dirait pas" (tes bros!), et aussi des lesbiennes, et des trans, et des bi, et des pan, et des asexuels, et des filles et des garçons et des agenres, et des hétéros, et des vieux et des vieilles, et des moins vieux et des moins vieilles, et peut-être meme que tu trouveras ton pote Mathias et sa mère Gwenvred ! Parce que je te jure, la marche des fiertées LGBT, c'est pour la liberté de tout le monde.

Moi aussi, je veux que les gens s'en foutent. Je veux qu'ils s'acceptent avec toutes leurs différences.

Peut-être que ça vaut une petite plume dans le cul une fois l'an, nan ?

 

Mr Q.

 

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23 juillet 2015

Têtu(e)s.

 

Têtu,

 

Aujourd'hui tu disparais, et ça me triture le ventre.

 

Pourtant je vais être franc avec toi, je ne t'ai acheté que 2 fois, à l'occasion de voyages en train. J'étais déjà adulte et bien dans mes converses.

 

Je crois en revanche qu'ado, j'aurai voulu avoir le courage de t'acheter tous les mois même si j'aurais certainement fui le regard du buraliste, puis l'aurais enfilé sous mon manteau (le magazine, pas le buraliste !) avant de le planquer sous l'oreiller une fois arrivé à la maison. .

Tu m'aurais certainement fait un bien fou, et je regrette de ne pas t'avoir donné cette chance.

 

J'ai grandi, et c'est vrai que tes apollons en couverture m'ont agacés, (la jalousie sans doute tu sais), et je t'ai complètement snobé. Après tout, tu avais l'air si à la mode et branché, jamais je ne t'aurai imaginé disparaître. Je suis aussi de cette génération qui n'achète plus tellement la presse papier, attendant que toutes les informations me tombent tout cuit dans le bec sur ma timeline twitter.

 

C'était une erreur, j'suis désolé.

 

Même si je ne me reconnaissais pas toujours en toi, tu avais ce mérite de donner d'autres couleurs à nos kiosques : les miennes, celles de l'arc-en-ciel.

 

Tu restes le seul et l'unique magazine papier à avoir exhiber nos corps, recueillis nos propos pour les projeter dans les rues.

Tu as, je pense, sauvé un paquet de monde et rendu des solitudes moins pesantes : de l'adolescent(e) paumé(e) au/à la cinquantenaire indécis(e).

 

On a pu t'adorer ou te détester, mais tu as su donner la parole aux concernés, là où depuis bien trop longtemps maintenant, les débats sont tenus par des hommes blancs cisgenre et hétérosexuels qui dégueulent sur ce qui serait bon au mauvais qu'on soit.

 

Têtu, je sais que tu seras aussi fort que ton nom le laisse penser.

C'est notre visibilité, notre existence dans le paysage médiatique qui prend un coup dur aujourd'hui.

Heureusement, nous sommes têtu(e)s, comme des mules. On va continuer à se battre contre les discriminations, on va montrer aux esseulé(e)s qu'ils ne le sont pas. On va créer, parler, écrire, filmer, dessiner...

 

Comme dirait quelqu'un qu'on connaît bien, « rise like a pheonix », « we are unstoppable ».

 

Capture d’écran 2015-07-23 à 18

 

 

16 juillet 2015

Vente d'originaux - Spécial été !

 

Et Hop ! Une nouvelle série d'aquarelles tout à fait de saison a vu le jour.

 

Elles sont vendues 60euros. (Frais de port pour l'europe et mise sous-verre inclus - Le paiement se fait de préférence via paypal, sinon par chèque.)

18x24cm, aquarelle et encre de chine.

 

Si tu veux acquérir un de ces dessins unique tu peux m'envoyer un message sur la page facebook du blog : https://www.facebook.com/petitsmensonges?ref=bookmarks

Ou bien par mail à l'adresse : monsieurq@outlook.fr

 

 

Coccinelles

 - COCCINELLES -

VENDUE

 

Arbre

 - LAMPIONS -

VENDUE

 

EMILIE

 

 - EMILIE -

Disponible

 

Riviere

- RIVIERE-

VENDUE

Tournesols

 - TOURNESOLS -

VENDUE

 

 

FOIN

- CHAMPS -

VENDUE

 

COIFFEUR

- COIFFEUR -

Disponible

 

 

PLAGE

- PLAGE -

Disponible

 

 

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09 juillet 2015

Je me mets nue sur le web.

 

Depuis quelques années, Delilah dévoile son corps sur internet, aux yeux de tous. Je lui ai demandé ce que ça signifiait pour elle.

 

Tout a commencé avec un projet de théâtre au lycée,  j’avais voulu travailler sur l’androgynie. Ça a été le déclencheur, car à ce moment-là, j’ai compris que ma nudité mise en scène était une arme. Pas une arme de conquête du monde, (ou des hommes (lol)), mais pour me conquérir moi. Pour vaincre mes millions de complexes, pour apprendre à m’aimer, à sortir la tête haute en me disant « punaise, je suis belle en fait ! »


Je suis passée de « non ne me prenez pas en photo !! » à pouvoir determiner mon bon profil, les poses qui me mettent en valeur, à découvrir des zones de moi que je ne pensais pas pouvoir apprécier un jour. Parce que je me prends en photo, nue.

 

insta1



Je pourrais les garder pour moi, ou pour un cercle intime mais je poste ces photos sur internet. Pas pour glaner du compliment (même si je ne vais pas cacher que oui, c’est plaisant) mais parce qu’à 16/17 ans, j’étais en recherche de modèles. Je cherchais des filles comme moi, différentes des mannequins de magazine. J’aurais eu besoin de pouvoir voir des femmes épanouies dans leur corps, avec leurs bourrelets, leur cellulite, leurs vergetures et leurs grains de beauté pour oublier ce 100% photoshop ultralissé et normé.

Me confronter au regard extérieur, c’est ma manière de militer pour le bodypositivism, de dire merde aux dictats qu’on nous enseigne et dont on nous saoule jusqu’à plus soif. Avoir un discours positif sur l’acceptation de soi, apprendre à aimer son corps : c’est important, et il est important de véhiculer ce message.

Ça, c’est mon postulat.

 

insta2


Sauf que certains ne l'entendent pas de cette manière. Certains ne regardent que ces seins, que ces fesses, ce gros cul. On se branle, on critique, on crache dessus. "Ah quelle salope !", "Ah la grosse pute !", "Mate comment elle est moche !", "Mais tu te prends pour qui ?", "Tu te rends compte de ce que tu postes ?", "Viens pas te plaindre si on t’emmerde, tu l’auras bien cherché !"

 

J’en passe...

 

Ces commentaires n'ont pas de genre, on pourrait croire qu'ils proviennent uniquement de la gente masculine. Si seulement.

Quand je vois à quel point on se fait un plaisir de lyncher une fille qui montrera ses jambes ou son ventre, quand à l’inverse aucun souci à ce que ces messieurs exhibent leurs abdos, le paquet de leur caleçon, nous envoient des dickpics non désirées (eh, ça c’est du harcèlement sexuel, vous le saviez ?)… dis donc, mon beau macho, toi tu le chercherais pas un peu ? Ah, pardon, j’oubliais, il faut faire valoir sa virilité, aucun rapport.

On ultrasexualise une paire de jambes, une paire de seins. Il faut les montrer, il faut être sexy, être « bonne » pour pouvoir plaire… mais pas trop, faudrait pas faire trop salope non plus. Il faut trouver le juste milieu entre la pute et la mère. Comme toujours.

Aussi, il ne faut jamais oublier qu'on utilisera sûrement ces photos contre vous un jour : un ex rancunier (ah le revenge porn... ), une ancienne amie en mal d'attention... tout est prétexte pour vous rappeler que votre attitude est la mauvaise, pas la leur.

Un jour, quelqu'un a créé un site sur moi, avec toutes mes photos recadrées sur mes parties intimes. Les légendes mentionnaient : " Quelle salope" ou encore "Elle aime se faire sodomiser". C'était blessant, c'était humiliant car on utilisait ces photos positives pour me rabaisser, pour me salir. Au nom de quoi ? D'un désaccord puéril.

 

 

insta3

 

Une femme qui se montrera nue sur Internet, avec sa propre démarche, ses envies, sera toujours suivie par des admirateur/trices en mal de chair à branler : "T’es belle", "j’ai pensé à toi hier soir", "c’est quoi la marque de ta culotte ?", "Wow on devrait s’inspirer de toi !"

Et si un jour, l’un de ces « fans » déborde, harcèle et que j'ose m'en plaindre : Je ne serai plus belle, Je serai « une pute »* une « tavékapa », une hystérique. C’est drôle comme tout est toujours dans un sens. Quand celle que vous pensez être votre objet de désir se rebiffe… elle devient une merde qui revendique son droit à ne pas satisfaire le sacrosaint phallus.

Et concrètement, ça m’énerve.

Si je me prends en photo c’est pas pour qu’un beauf en caleçon se fasse mousser le zgeg devant son écran, ou qu'une bande de "copines" spamme mon compte Instagram de remarques désagréables. C’est pour moi, pour les autres filles, pour que l’on puisse se dire : regarde, elle le fait, elle s’assume, alors j’emmerde le monde et je suis belle comme je suis. C’est tout. Point.

Merci de me laisser disposer de mon corps et de le montrer si je le souhaite. Que ce soit en minishort dans la rue, ou toute nue sur internet.  Je suis libre de faire ce que je veux. Votre slutshaming par contre, on s'en passera.

Oui, c’est évident qu’il y aura des commentaires déplacés. Mais au nom de quoi ? Du « falépa/takapa » ? Je ne vois que des gens gênés par cette confiance en soi, qui ne répondent que par des insultes parce que ces corps nus et assumés les renvoient à leurs propres complexes.

 

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Respire, franchement. C’est qu’un cul, même s’il a beaucoup à dire. Et ce n’est pas le tien. Rendre une fesse publique n’en fait pas un objet de consommation courante.



Et qu’on soit bien clair, féministe ou non, personne n’est apte à juger, à prétendre connaître les motivations ou pour remettre en cause un militantisme à cause d’une paire de seins sur Instagram (ça arrive plus souvent qu'on ne le croit).

Laisse moi militer avec ma chatte si j’en ai envie. Ce n’est pas le patriarcat qui m’y force ou une contrebalance du porno ou juste la société qui me sexualise : non.

Mon corps m’appartient, son image m’appartient et le message que je tente de faire passer avec est pour chacun-e désireux de se réconcilier avec son corps. Parce que merde à la fin. Trop ci, trop là, pas assez comme ça ou comme ci : ça suffit.

 

Voilà ce que mon cul défend.



* je me permets des guillemets car on est dans de la putophobie pure, ce qui ne reflète pas ma manière de penser sur les travailleur-ses du sexe.

 

Texte : Delilah, Illustrations : Mr Q.

Le blog de Delilah : http://suckmykaiju.net/

 

 

20 juin 2015

M. Lennon, je suis un bon voisin.

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19 juin 2015

Je suis timide.

Je suis timide... et ça me bouffe la vie.

 

Je ne sais pas si vous connaissez ce sentiment frustrant : « j'arrive pas, ça sort pas ! ».

Parfois avant d'ouvrir la bouche, je répète plusieurs fois la phrase que je vais dire dans ma tête puis, allez savoir pourquoi, je compte jusqu'à 3. Parce que je ne sais pas, je ne veux pas me ridiculiser, je ne veux pas dire n'importe quoi.

Et parfois, même en utilisant ce rituel stupide, ça ne fonctionne pas.

Dans le milieu professionnel dans lequel j'essaie d'évoluer, c'est profondément handicapant. Je me fais une montagne d'un p'tit rien. Je manque tellement d'assurance que me présenter devient un challenge qu'il est difficile de relever. Parce qu'après tout, qu'est-ce que j'aurais bien de si intéressant à leur dire ?

 

TIMIDE1

 

Je suis souvent amené à participer à des évènements importants à mes yeux, où plusieurs personnes dont j'admire le travail ou autre sont présents. Je les « connais » d'internet,(du moins je connais leur travail), certains d'entre eux connaissent le mien et avions déjà pu parler un peu via les réseaux sociaux à l'occasion.

Seulement non, on ne se connaît pas. J'ai à la fois tout et rien à leur dire. Rien qui pourrait à mes yeux être pertinent. Je suis bloqué au bar, je bois mon verre, j'en bois un deuxième en me disant que l'alcool pourra peut-être aider.

A chaque pas vers quelqu'un, chaque signe de la main, je me fais violence. Je me dis « mais bordel, vas-y putain! ». J'ai la bouche sèche, la voix qui tremblotte, j'ai soif, j'ai terriblement soif.

Ce sera pour après, je vais reprendre un verre, fumer une cigarette. Et merde je me retrouve seul, qu'est-ce que je fais ? Il faut que je trouve quelque chose à faire de mes mains alors je dégaine mon téléphone, j'écris un texto qu'en fait je ne vais peut-être même pas envoyer. Puis finalement, je pars.

 

TIMIDE2

 

Syndrome de l'imposteur de merde. Tu m'empêches d'essayer d'y arriver, tu m'empêches d'être moi-même. Pourtant, je m'en suis pris des claques dans la gueule, rien que pendant mes études aux beaux-arts. Je devrais être en béton armé, rien ne devrait me toucher, alors pourquoi j'ai cette impression dégueulasse de pas être à ma place ? Qu'est-ce qui se passe dans ma tête de timide maladif ?

 

En plus, les gens qui m'entourent, qui me connaissent bien, sont loin de penser que je suis quelqu'un de timide. Je suis le bout-en train, celui qui a la vanne facile au bon moment, il paraît que j'enchaine les punchlines... Mais paf ! Que faire dans un milieu déjà installé où j'ai tout à prouver ? Comment se faire apprivoiser ? Comment dire : « hey ! Écoute moi, j'apprends, j'essaie, ça ne sera pas parfait mais s'il te plait, fais moi confiance. Une fois que j'aurai la tienne, je pourrai tout tenter, tout faire peut être tout gagner et tu seras pas déçu ! ».

 

Bordel encore une fois ça sonne ridicule. Avant de convaincre la terre entière, je sais bien qu'il faudrait que j'arrive à me convaincre moi-même. Je sens que je ne suis plus très loin, je fais des efforts, je me remets en question, tout le temps, je travaille, je tiens, je reste, je m'accroche, je m'agrippe, je plante mes ongles là où je peux pour ne plus tomber, jamais.

C'est tout ce que je sais faire. Parce que je suis peut-être incapable d'exprimer ma bonne foi et mon envie par des mots, mais j'essaie de le prouver en continuant de dessiner. J'essaie de ne pas me laisser démonter, j'essaie de prendre position et de m'imposer différemment.

 

En fait, je suis impressionnable, et c'est ce qui provoque mon mutisme. A toi, j'aimerais te dire combien j'aime ton travail, à toi, j'aimerais te demander pourquoi t'as pas répondu à mon mail, à toi, j'aimerais te dire que tu m'as aidé à m'en sortir à une période de ma vie. J'aimerais parler, proposer mes idées, mes points de vue, débattre : mais j'me tais.

 

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J'me tais et plonge mes yeux vers une personne familière. Celle qui rassure et à qui j'ai rien à prouver, qui sait déjà tout.

 

Parce qu'au fond, sans doute que le problème est là, dans cette impression de devoir constamment prouver ma prétendue valeur aux autres.

Que c'est con et prétentieux finalement.